Voilà bientôt une nouvelle année lunaire que l'on vous souhaite pleine d'enthousiasme et de projets. En effet après l'année du serpent, nous entrons à partir du 17 février dans l'année du cheval. Septième signe du zodiaque chinois, cette année sera associée à l'élément feu. On vous fait un petit tour d'horizon de l'histoire du cheval et des symboles qui lui sont associés, pour entrer dans cette année du cheval de feu, qui revient tous les 60 ans !
Les symboles liés au cheval en Chine et au Japon
Le Cheval tire ses origines de la culture chinoise ancienne, où il est considéré comme un symbole de puissance, de succès et de victoire. Le Cheval est capable de parcourir de longues distances en un temps record, ce qui en fait un signe de rapidité et d'endurance. Associé à l'élan vital, à l'audace et au masculin, Il est un signe "Yang", solaire mais il est aussi un signe de sagesse et bien-sûr le compagnon des hommes de pouvoir.
Dans certaines croyances, Il était aussi un animal fantastique, créature céleste dotée d'une longévité qu'il transmettait à son cavalier tout comme sa puissance et sa fougue.
Le cheval va garder les mêmes qualités dans la culture japonaise, de force vitale et d'endurance. Présent dans la péninsule depuis très longtemps, le cheval est vu comme un messager des dieux (kami) dans la religion shintō. Les chevaux blancs, considérés comme sacrés furent particulièrement vénérés. Il était de coutume de faire défiler 21 chevaux blancs devant l'Empereur pour lui porter bonheur. A l'ère Edo, du shogunat, le shogun continuait de se rendre à Kyoto pour offrir des chevaux à l'Empereur.
De même, de vrais chevaux étaient offerts aux sanctuaires. Puis par substitution sont apparus les ema, ces plaques votives, peintes de chevaux, porte-bonheur encore omniprésents aujourd’hui et que vous pouvez retrouver dans de nombreux temples.
Il est aussi au Japon, le compagnon indispensable et fidèle des samouraïs. Son image est ainsi liée à l'aristocratie et au pouvoir. Le cheval faisant la différence entre un samouraï de haut rang et un de basse classe qui allait à pied. Allié des guerriers en temps de guerre, on le retrouve également lors de nombreuses courses, dont des courses de tir à l'arc, très prisées, comme celle du sanctuaire du Kamigamo de Kyoto. Beaucoup de courses avaient lieu aussi lors de la fête des garçons du 5 mai.
La représentation du cheval dans les Estampes Japonaises
De par son importance dans la vie des grands samouraïs, le cheval apparaît dans les estampes qui illustrent des récits guerriers ou décrivent des scènes de la cour impériale. Il est alors en pleine action, galopant ou se dressant. On admirera sa prestance, accompagnant avec panache des épisodes de la vie de guerriers légendaires, comme Yoshitsune ou Hideyoshi, ainsi que dans des triptyques illustrant des faits de guerre célèbres, comme la bataille de Uji. (comme dans ces deux estampes de Toyonobu)


Le cheval est aussi mis en image, sujet en lui-même, pour sa grâce et ses mouvements. Digne et tranquille, il est souvent pris comme exercice de style en particulier dans les sumi-e, ces dessins à l'encre noire, où ses lignes rondes sont sublimées pour accentuer son énergie. Dans des instantanées de mouvement, si particulier à l'art japonais, il est alors représenté, de face ou de dos, prêt à jaillir, ou dans un galop arrêté, la crinière au vent, symbole de force et de liberté.
La terrible légende des années du cheval de feu
Revenons à cette année 2026 qui sera donc sous le signe combiné du cheval et du feu, ce qui n'est pas sans inquiéter de nombreux Japonais !
En effet, une légende ancienne colle aux années qui conjuguent le signe du cheval et l'élément feu. Liant comme on l'a vu les idées de force et de puissance associées à la fougue du feu, on avait peur de mettre au monde des filles ces années là. Peur de voir ces femmes prendre un caractère trop affirmé, et qui sait, dangereux !!
C'est au début de l’époque d’Edo, qu'une rumeur se propage, qui voulait que les femmes nées l’année du « cheval de feu » aient un tempérament colérique et dévorent leurs maris ! Cette fable sans fondement venant du théâtre de poupées et des contes populaires s’est ancrée dans la société. Ces années voyaient alors une vraie baisse de la natalité...
L'histoire, racontée dans le théâtre de marionnettes dit ningyô jôruri (l’ancêtre de l’actuel bunraku) était celle de Yaoya Oshichi qui déclencha un incendie dans la ville d'Edo, car elle voulait retrouver l’homme dont elle était éprise. Les incendies étant parmi les pires catastrophes dans les villes tout en bois de l'époque. Or l’incendiaire Oshichi était née l’année du cheval de feu (1666) !
Cette légende, bien ancienne, a eu des répercussions jusque dans les années 1960 au Japon. En effet, lors de la dernière année du cheval de feu, en 1966, on constata une baisse des naissances. Même si il n'est pas prouvé que cette baisse y soit liée directement, la peur de donner des naissance à des filles ces années là, semblent avoir été un facteur important. Les vieilles légendes ont la peau dure... Qu'en sera-t-il cette année ?
En tous cas, souhaitons-nous, ainsi qu'à toutes les petites filles et les petits garçons, une année passionnante qui puise sa force dans l'élan vital et magnifique du cheval !


