Estampes et objets traditionnels japonais
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Les Shunga ou estampes érotiques

Le nom donné en japonais aux estampes érotiques est shunga qui signifie images de printemps. L'estampe érotique apparait dans la première partie de l'époque Edo vers la fin du XVIIe siècle. Cette période est marquée par le peuplement d'Edo (Tokyo, aujourd'hui) par une population de marchands et artisans aisés et avides de plaisirs. Acheter des estampes érotiques est une activité complémentaire aux visites dans le quartier des maisons vertes, le Yoshiwara. On leur prête aussi un rôle formateur. Le genre se développe vite et devient très rentable. Les plus grands artistes tels Moronobu, Harunobu, Kiyonaga, Shuncho, Utamaro ou Hokusai, publient leurs recueils mais évitent de les signer. A Edo, les hommes n'éprouvent aucun sentiment de culpabilité vis-à-vis du sexe car la notion de péché n'existe pas. Pourtant ces estampes sont interdites à la vente. Toutefois elles circulent sous le manteau avec une grande tolérance.
Un autre des noms donnés aux estampes érotiques est Warai-e  ou " images pour rire ". Il est en fait peu probable que le but ultime des estampes érotiques soit de provoquer l'excitation sexuelle car l'humour est constamment présent dans ces images. L'intention ludique apparait particulièrement dans la représentation des sexes surdimensionnés. En effet, le recours à la disproportion est un des ressorts classiques du dessin humoristique japonais.
Les estampes de petits formats sont vendues à l'origine en séries, rangées dans un portfolio ou reliées dans un album que l'on peut emmener partout avec soi. Elles accompagnent dans leurs activités les marchands et les samouraïs pour qui elles sont une sorte de porte-bonheur.

Vers la fin du XIXe siècle, l'estampe classique Ukiyo-e représentant des courtisanes et des comédiens du théâtre kabuki tombe en désuétude. Le goût des japonais pour les arts occidentaux et le développement d'autres moyens de production de masse comme la photo et la lithographie vont affaiblir sa production. Mais cette époque reste encore un âge d'or pour l'estampe érotique en petits formats. L'estampe érotique dont les autres noms sont higa, peinture secrète, et makura-e, peinture de l'oreiller, a naturellement sa place dans une collection d'estampes japonaises.



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